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CHEMINS DE PSY

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  • Noëlle Buffiere

L'attachement et le corps

Dernière mise à jour : 20 juil. 2019

Les schémas de l'attachement sont d'abord corporels avant que d'être mentaux... Si j’ai trouvé l'émission de radio "l'attachement, un lien vital", très intéressante, et je reparlerai peut-être des interventions pertinentes faites par les participants, j'ai eu envie d'abord de souligner ce point particulier, et essentiel dans le travail de thérapie. Contrairement à ce qui est dit, pour modifier son schéma d'attachement il ne suffit pas de le déconstruire mentalement…


Crédit photo yalehealth

L’attachement se met en place avant que les bébés n’aient acquis le langage, principalement durant la première année de vie. Le bébé est alors tout sensation, émotion, perception directe du monde, sans la médiation d’une pensée construite. Il fait alors des expériences répétées qui lui permettent de trouver la sécurité, ou non, auprès de sa ou ses figures d’attachement dans des circonstances diverses. C’est donc dans le corps que ces expériences de sécurité ou de non-sécurité dans la relation s’inscrivent profondément et notamment dans le système nerveux autonome.


Le système nerveux autonome sert non seulement à nous maintenir en vie en faisant fonctionner correctement notre corps (respiration, rythme cardiaque, digestion etc.) mais c’est également ce qui sert à réguler les réactions physiologiques nécessaires pour réagir face au danger ou à la sécurité.

Nous sommes fait, biologiquement, pour nous mettre en lien, c’est ce qui nous fait nous sentir heureux et vivant, lorsque nous pouvons l’expérimenter en toute sécurité. Pour le bébé, dans sa grande dépendance et sa grande fragilité, la connexion n’est rien moins que vitale, tout comme manger boire dormir etc. et elle reste un besoin absolument essentiel toute la vie. Mais également en tant qu’espèce, et que mammifère, la connexion à l'autre, aux autres, est essentielle pour pouvoir survivre, se reproduire... tout comme la protection en cas de danger.

Nous sommes pour cela dotés d’une neuroception très fine, inconsciente et permanente, qui nous permet de détecter la sécurité et le danger (ainsi que son degré de gravité). Elle indique à notre corps si nous sommes en sécurité, et que donc nous pouvons nous connecter à l’autre, ou bien si nous sommes en danger, et que donc il nous faut nous défendre (fuite ou attaque, ou figement selon la gravité perçue)


Notre corps va donc, dans la première année de vie, calibrer les réactions de notre système nerveux autonome en fonction de ce qui, dans notre expérience personnelle, va représenter de la sécurité ou au contraire du danger. Par exemple, et de façon très très schématique, si nous expérimentons bébé que la relation à l’autre est généralement sécure alors, chaque fois que nous rencontrons un autre notre corps va plutôt se préparer à la connexion. Si par contre nous faisons l’expérience que la relation à l’autre est généralement dangereuse, alors, chaque fois que nous allons rencontrer un autre, notre corps se prépare plutôt à se défendre. Les expériences ultérieures du bébé et de l’enfant vont continuer de façonner ces repères…


Bien sûr, ensuite l’enfant apprend à parler et à penser le monde et la relation. Par dessus ces schémas corporels profondément inscrits viennent donc se poser des schémas mentaux qui nous servent à interagir avec les autres. Les modèles internes opérants, c’est à dire la représentation de soi par rapport aux autres, ce qu’on peut en attendre ou non, la façon dont on va se comporter dans le rapport aux autres, la façon de rentrer en lien ou de réagir face à la menace etc. sont donc mentaux et corporels...


Si l’on veut donc retravailler son style d’attachement pour le modifier, passer d'un attachement anxieux à un attachement sécure par exemple, il faut donc effectivement repérer et changer ses schémas mentaux. Cela va parfois avoir une action par rebond sur le corps. On dit alors que l’on travaille du haut vers le bas, du mental vers le corps. Mais cela peine parfois à dés-enclencher des réactions corporelles et comportementales qui échappent totalement à notre contrôle, comme le figement face à la colère par exemple.


Il est important et parfois essentiel de travailler aussi sur le corps pour que le système nerveux autonome cesse de surréagir à des situations qui ont été repérées comme très dangereuses pendant l'enfance mais qui ne représentent plus de danger mortel aujourd’hui. Il faut qu’il retrouve sa souplesse de réaction, c'est à dire ne pas être en mode défensif en permanence. il doit retrouver sa capacité à décoder la sécurité pour se mettre en mode connexion et garder la possibilité de passer dans un mode défensif adapté à la situation quand cela est nécessaire … et l’on travaille alors du bas vers le haut, c'est par le corps que l'on passe pour se réguler...


Il faut tout cela pour pouvoir changer son style d'attachement. Mais récupérer pleinement son sentiment d’être vivant et connectés passe également par d'autres choses et notamment par l’apprentissage de s'ouvrir de nouveau à recevoir. Je ne m’étends pas sur la question, ce sera peut-être l’objet d’un prochain post… …

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